"LE CUL ENTRE DEUX CHAISES..."

December 17, 2017

 Salut à vous

 

Comment ça va pour vous ?

 

 

Je démarre cet article avec cette phrase « Le cul entre deux chaises, je décide de me créer ma place ». Une devise personnelle que je vais tenter de vous expliquer dans un billet d’humeur illustré par les photos de Lynn.

J’ai d’abord pensé vous faire une article/vidéo et puis par manque de temps, je vous écris simplement.

 

 

 

 

 

Cette devise évoque plusieurs questionnements personnels et universels, je crois. La sensation de ne pas avoir sa place. Je pense que c’est très fréquent à l’adolescence puis avec l’âge, on parvient à mieux faire avec.

 

Pour ma part, j’ai eu très jeune l’impression que mes fesses étaient posées sur deux chaises qui s’éloignaient et se rapprochaient selon les évènements. Ces chaises ont différentes étiquettes dans mon esprit les plus visibles et lisibles sont handicapé/pas handicapé.

 

J’ai grandi dans une famille nombreuse avec des personnes avec et sans handicap physique.

 

Je me souviens avoir eu assez tôt une discussion avec mon papa sur le regard que les autres pouvaient ou auraient sur moi, mes mains et mes pieds. J’avais 5 ans, lorsqu’il m’a dit : « Décide de quel poids ces regards auront sur toi ». C’était mon confident. Lorsqu’il était là car il travaillait et voyageait beaucoup, il prenait toujours le temps en soignant mes pieds de me demander comment j’allais et quelle énième sottise j’avais encore eu droit dans la cour de l’école. On en discutait et finissait souvent par en rire.

 

Je vais être honnête avec vous, j’ai toujours détesté les primaires car j’ai pris cher (entre la rumeur disant que j’avais la lèpre que j’allais contaminer tout le monde, les oublis d’invitation pour les anniversaires, etc.)  Je n’avais pas encore l’assurance que j’ai maintenant pour me défendre. Mais discuter de ça avec mon père c’était mon espace de décompression.

 

 

 

J’ai grandi dans un enseignement classique avec une majorité de personnes valides (sans handicap physique, ni mentale). Du coup, j’ai voulu longtemps évoluer sur la chaise « pas handicapé » comme si je faisais partie du club avec un déni et une forte colère lorsqu’on parlait ou évoquait mon handicap.

 

Comme on ne souhaitait pas me donner la main dans le rang ou jouer avec moi parce que j’avais ces mains et ces pieds…j’ai décidé de bosser plus pour les gommer.

 

Après le décès de mon père,  à l'âge de 10 ans…j’ai réalisé que je ne ferais jamais partie du club. Alors, j’ai repensé à sa phrase « décide de quel poids ces regard auront sur toi ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En choisissant de ne plus gommer mes particularités, j’ai créé une espèce de banc avec ces deux chaises que j’attache ensemble. Évoluer dans un monde de " valides " m’a très longtemps frustrée car j'avais l'impression que mes actions se résumaient quotidiennement par cette formule qui m'a accompagnée durant mon parcours scolaire «  résultats satisfaisants étant donné sa lenteur naturelle ». A chaque fois que je lisais cela je me disais « Accepte ma différence et vois au delà de ça, BORDEL ».

 

Vivre dans un environnement qui te rappelle sans cesse que tu n’es pas la bienvenue par des messes basses, des insultes, des actions et des coups bas. Cette ambiance m'a "obligée" à me connaitre pour savoir mes limites et mes forces. Afin de prendre de l'avance sur les portes qui se fermeront, s'ouvriront ou seront plus difficile à franchir ( Anticiper pour ne pas flancher et rester sans cesse de mon côté sur ce banc). 

 

 

Depuis mes 10 ans, j’ai arrêté de vouloir qu’on m’accepte à tout prix avec des hauts et des bas ( faire des choix, ce n'est pas une ligne droite) . J’ai créé ma place et j’ai mis les pieds dans le plat. Je sais que pour certain je dérange mais pas pour moi. Toute cette tirade pour vous dire que si vous attendez que le monde vous fasse une place. Les chéris vous allez attendre longtemps. Apprenez à vous connaitre pour bricoler votre banc et sur ce banc décide de qui s’assoira à côté de vous. Tout le monde n’a pas besoin d’y être franchement la quantité n’a jamais été un gage de qualité. Concentrez-vous sur l’essentiel…ça c’est à vous de le définir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos de Lynn Vanwonterghem - Look : Gilet H&M ( ancienne collection) - Pull seconde main chez Terre  - Jupe MULAKOZè - Collants Hema et Chaussettes Veritas - Chaussures Soulcal & co - Bijoux Cadeaux d'amis

 

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