PARLONS D'AMOUR POUR CHANGER

October 2, 2018

Hello, j’espère que vous allez bien?

 

Ça fait longtemps que je n’avais plus écrit et je vais être honnête. Cet été, j’étais plus concentrée sur ma rupture amoureuse, assez solitaire et centrée sur d'autres choses que le blog.

 

Pourtant, je reviens malgré tout avec un article pour parler du handicap et d'amour. C’est ASSEZ vaste et je pense que ça nécessite une série d’articles voir même des interviews car j’aimerais bien me pencher sur cette thématique avec d’autres personnes.  Je verrai si je parviens à glisser cela dans mon agenda.( mettre ça dans la to-do list ;-) )

 

 

 

 

En attendant, je vais plutôt me pencher sur mon ressenti. Actuellement, j’ai 28 ans donc je partage ce que je connais de la vie à cet instant T. Aucune idée sur la suite de mon parcours, là où la vie…mes choix, mes rencontres, mes envies, mes échanges vont me mener.

 

L’Amour pour moi est assez vaste car il comprend les sentiments, la sexualité, la rencontre, la drague, la relation, les projets et la routine quand on tient le coup.

Je sors d’une relation de 4 ans, qui s’est faite en deux temps. En premier lieu, une relation à distance durant deux ans qui s’est soldé par deux ans de vie de couple.  Je ne suis pas une « habituée » de l’Amour car c’est un type de relation assez compliqué et problématique pour moi.

 

 

Pourquoi car très jeune, j’ai assumé mon handicap. Durant la petite enfance, je me suis fort laissée marcher sur les pieds, laissée tacler sur mes particularités physiques...j'ai détesté l'école primaire. Puis quand mon monde c’est effondré lors du décès de mon papa…j’ai trouvé une force dans mon deuil qui a fait qu’à partir de cet instant je ne me suis plus cachée ou sentie gênée d’avoir ce corps atypique.

 

Pas de chance pour moi, j’ai grandi très vite et été « formée » assez rapidement. En 6ième primaire, je faisais déjà un 1m60 et avait déjà de la poitrine, des hanches et le popotin.  Là, j’ai senti que le regard masculin commençait à changer sur moi. J’étais fort déstabilisée car en l'espace de 2 ans je suis passée de l'image de la grosse copine que personne ne regarde à la fille plantureuse que je suis encore maintenant qui peut plaire car j’avais beaucoup maigri suite à la perte de mon papa.  Je me sentais être un objet de désire alors que j’avais à peine 12 ans et pas encore ce regard sur mon corps. Des hommes de 18, 30 voire 40 ans me faisaient de la drague insistante. Et je ne comprenais rien.

 

J’ai toujours trouvé ça désagréable qu’un homme qui pourrait être mon père m’aborde, en mettant direct sa main sur mes cuisses ou mes fesses ou mes hanches. Ou envahisse mon espace personnel sans me demander mon accord.

 

Je sens souvent que je suis à la jonction de trois idées reçues ou fantasmes pour certains.

 

La première, étant que j’ai énormément évolué dans des sphères caucasiennes durant toutes mes études j’ai été entourée de personnes majoritairement blanches. Ce que j’ai souvent retrouvé comme confrontation…c’est ce fantasme de la femme noire, la panthère noire, celle qui accepte tout au lit, plus désinhibée car encore un peu sauvage.

 

Je trouve ça tellement réducteur et cliché...discriminant. Comme si j'étais quelque chose à tester au moins une fois dans sa vie.

 

 

 

 

 

 

 

Ensuite, je suis grande ( je mesure presque 1m80 maintenant) et plutôt bien en chair voire grosse. Là, c’est une autre sémantique qui m'est apparue : le côté femme fatale et très sexy. Je n’ai  toujours pas compris pourquoi il y aurait que deux versions de la femme grosse ou pulpeuse ou bien en chair ou en surpoids. Comme si soit elle resterait dans des vêtements amples…passerait sa vie en pyjama avec ses chats. Soit elle serait en robe moulante qui s’arrêterait en dessous des fesses avec un décolleté super généreux. Je n’ai rien contre ces deux options, chacune choisit sa garde-de-robe comme elle l’entend mais personnellement, je ne me reconnais dans aucune des deux options de ces iconographies féminines.  

 

Ainsi, durant toute mon adolescence, j’ai couru après les mecs en essuyant beaucoup de râteaux…honnêtement, j’ai presque la trentaine et je ne peux plus compter le nombre de râteaux que je me suis prise.

 

 

 

Le truc hyper frustrant en plus c’est que je suis la dernière des filles et avant-dernière dans ma fratrie. Mes sœurs sont assez charismatiques et toutes des canons…des bombes atomiques qui avaient des listes de prétendants ou d'admirateurs longues comme mon bras. Et moi, j’étais là à 17 ans, j’avais toujours embrassé personne. La plupart du temps, ça devenait même un sujet de taquinerie avec mes potes ou en famille.

 

 

 

Et puis à 18 ans, j’ai eu ma première histoire sur un malentendu. Je n’étais pas du tout son style mais il est tombé amoureux. Allez savoir comment…ça a duré deux ans puis de nouveau le calme plat avant cette dernière histoire que je viens de clôturer.

 

Je me rends compte avec le temps que la troisième idée reçue est celle qui me colle le plus à la peau et qu'humainement…met plus de temps à digérer lorsque tu la constates. C’est l’idée que mon handicap induise soit du dégoût clair et net souvent assez insultant, virulent…très bruyant donc humiliant comme si cette personne lorsqu’elle apprend que je l’envisage comme un possible partenaire, se sent insultée et doit manifester haut et fort qu’elle ne se rabaissera jamais à sortir avec quelqu’un comme moi. La première fois que j’ai eu cette réaction, j’avais 14 ans et c’était en colonie de vacances après un déjeuner avec un vaste public. Depuis le début de la vingtaine, je repère assez vite ce style de réaction et m'éviter ces déconvenues. J'appelle ça un " radar à con ".

 

 

Ensuite vous avez une autre réaction assez fréquente, c’est celle qui part du principe que comme il me manque des doigts, une joue et des orteils…je suis une « nana open bar » aucun respect ne m'est dû car je dois déjà bien être contente et reconnaissante qu’on se retourne sur moi ainsi je dois tout accepter sans broncher. Qu’on m’appelle juste pour coucher à n'importe quelle heure sans se rappeler de mon prénom, qu’on me cache à ses potes si  ça commence à devenir sérieux, qu’on me demande direct dès la première rencontre si niveau sexuel tout fonctionne avec moi et chez moi…si je peux satisfaire un homme avant même d'avoir partagé un verre.

 

Il y a cette dernière tendance qui part d’un bon sentiment et qui se transforme en une énorme mise à l’écart assez douloureuse car souvent indépendante de ma volonté. J’appelle cela les relations avortées. Celles où on me voit que comme un corps malade impossible de vivre avec. Qu’on me dit clairement, je ne saurais pas assumer ton handicap face aux autres, au regard de la société sur nous. La peur de l’évolution de mes mains, mes pieds, mon lupus et ma joue…comment vais-je vieillir.

 

Ainsi lorsqu’on me demande comment je fais en amour, je réponds que je ne sais pas...je fais au jour le jour. J’ai un peu l’impression d’être habituée à ne pas plaire. Mais deux histoires d’amour ont été des purs hasards qui ont duré je ne sais comment. Alors je me dis que je croise les pouces pour qu’il y ait d’autres purs hasards…et en attendant, toutes ces histoires avortées, ces refus insultants, humiliants et difficiles. Je les digère au mieux.  En me boostant, pleurant, gueulant, dansant un bon coup quand c'est nécessaire. Et en parlant très peu, c'est n'est pas une partie de ma vie...que j'aime aborder habituellement. Mais je suis sortie de ma zone de confort qui sait ça servira. Cet article n’est pas là pour me plaindre ou pour trouver un mec…vraiment pas, mon blog n'est pas là pour ça !

 

Je voulais juste répondre par écrit à des questions qu’on me pose régulièrement en privé ou en public, de manière honnête et aborder un tabou de notre société : les couples « hors-normes ». Je ne vais pas faire semblant avec le temps je suis devenue plutôt très réfléchie sur la question de faire ou pas le 1er pas, lorsque quelqu’un me plait. Si j’ai un coup de cœur de dingue qui dure, je me la joue kamikaze et repense…aux deux histoires que j’ai eu qui m’ont énormément apporté et ça me donne le courage de me manifester. Si je ne me sens pas plus que ça emballée…je ne fais rien, car mon tableau de râteaux est déjà bien rempli, je préfère me préserver.

 

Une dernière chose que j’ai également remarqué c'est que plus je mûris, plus j'ai d’estime pour moi…et même en amour. Je me répète souvent " ce n'est pas parce que tu ne plais pas à X ou à Y . Que tu n’es pas une nana qui en vaut la peine."  Je crois que c’est ça le plus important.

 

 

 

Je sais que j’en vaux la peine célibataire ou pas…je suis une nana qui en vaut la peine même grosse, noire et handicapée. Je le sais !

 

Comme d'habitude, je vous laisse avec mon gros pavé et je vous souhaite une très belle soirée !!

 

Prenez soin de vous ;-)

 

***

Marianne

 

 

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P.S : Je suis lucide le démarrage d'une relation est multi-factoriel. Je parle de handicap car c'est un point de vue relationnel que j'ai très peu vu sur les réseaux et les médias...et pour les quelques fois, c'est souvent de manière assez clinique par des personnes du milieu médicale. Très rarement par les personnes concernées donc je me suis dit que je me sentais de l'aborder sur ma plateforme public. Je serais ravie comme d'habitude de lire, voir, entendre vos retours.  Belle soirée !!

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